Rhums du Panama

> Malgré l’importance de la canne à sucre au Panama, il n’existerait qu’une seule distillerie : Varela Hermanos SA. Son histoire remonte à 1908, date à laquelle un certain Don José Varela Blanco crée le premier moulin à sucre du Panama, avant de voir quelques décennies plus tard (en 1936), la première distillerie fumer.

Aujourd’hui, la compagnie Varela Hermanos fait partie des installations les plus modernes, compte plus de 200 employés à l’année, auquel il faut ajouter chaque saison environ 300 personnes pour la coupe de la canne: 800 hectares et 50 000 tonnes de canne à sucre plus loin – coupée à la main dans des conditions que l’on espère bonnes, mais dont on ne sait que très peu- la compagnie produit plusieurs alcools : du rhum bien sûr, mais aussi du gin, de la vodka, une boisson nationale (Secco), et un alcool extra neutre de canne à sucre (en 2 versions : l’une fermenté et l’autre directement distillé) à destination du monde entier. Elle sort aussi ses propres marques de rhum : Abuelo, Cortez et Jumbie.

La compagnie possède deux usines d’embouteillage, 1 à Pesé dans la province d’Herrera (Destileria Don José), qui leur permet de produire des spiritueux à base de jus de canne à sucre (le Secco) et de mélasse (rhum) ; et une autre à la capitale, dans la province du Panama. Côté distillation, la distillerie, très moderne, utilise une multi colonne (4 au total) en continu pour fabriquer ses différents alcools.

Côté bulk (vente en gros), on trouve du rhum de Panama (et donc de Varela Hermanos) chez quasiment tous les embouteilleurs indépendants, puis quelques rhums de ‘marque’ à l’histoire plus ou moins floue (et pas toujours traçable) mais qui tirent leur origine du Panama : Zafra, Ron de Jeremy, Malecon,…

 

 

 

Abuelo 12 anos / 40°

Lancé en 2009, vieilli 12 ans sur le papier, dans d’anciens petits fûts de whisky. Mesuré à 29gr/L de sucre.

Couleur ambré foncé tirant sur le bronze,avec des jambes surdimensionnées et très huileuses dans le verre. Au nez, c’est très gourmand et disons-le, pâtissier : caramel, crème brûlée, cake à l’orange, orange sanguine et vanille sont en quantité. Un peu d’astringence au nez (avec un léger piquant), mais pas désagréable dans l’ensemble.

Avec du repos, des fruits secs (banane) et un côté fumé, et toujours cette vanille et ce coté astringent qui ressort, comme un arôme sec et métallique, d’alcool (que l’on retrouve souvent sur les rhums légers).

En bouche, c’est sirupeux, toujours sur l’orange, le caramel, la cannelle ; le tout sucré et sans aucune présence d’alcool. C’est déstabilisant, avec cette dérangeante impression d’être devant une boisson au rhum, sans attaque, sans punch mais au contraire tout en simplicité. Ni riche ni complexe, mais qui se boit tout seul. La fin de bouche est desséchante, plutôt courte et cassée par une sur-présence de sucre, avec un poil d’épices tout de même, et qui laisse à penser que ce rhum est plutôt fait pour être bu sur glace, ou mixé ?

un rhum au nez gourmand, qui rappelle des magasins de pâtisseries, mais qui une fois en bouche ne se défait pas de cette image: caramel, beurre, sucre, orangette et banane. Trop doux, trop sirupeux, mielleux, et trop sucré. Note: 68.

 

 

 


 

 

Abuelo Centuria / 40°

Un assemblage de rhums vieillis dans d’anciens fûts de Jack Daniel, selon la méthode solera. Il y aurait même dans cette bouteille du rhum de 30 ans d’âge, sûrement de quoi justifier à minima un prix très élevé (140€).  Ce rhum a été mesuré à 27gr/L de sucre.

Le rhum propose une couleur d’un bronze profond, avec de nombreuses larmes collantes et très visqueuses .
Au nez, on s’attend à beaucoup plus pour un rhum si alléchant sur le papier ; au lieu de ça, on est encore sur le caramel, l’orange, le sucre caramélisé, du chêne frais, fumé, du tabac? et des fruits secs (figue). Il y a ici « moins » de douceurs que le 12 ans, ou en tout cas différemment: le nez est comme fermé, pas très expressif et sur la réserve, avec cette astringence qui prend le dessus et cache le reste. Le repos ouvrira le tout, mais rien qu’on n’ait déjà vu ni senti. On est toujours sur le registre de la douceur extrême, sans grande complexité.

En bouche, c’est très doux, très huileux, et une fois encore sans note d’alcool ; On retrouve du caramel, de la vanille, un chêne légèrement fumé, du cuir, de la réglisse, mais avec un genre de goût artificiel et sucré qui rend la bouche très sèche (et pas très agréable). A part ça, des agrumes (confits), quelques épices, et guère plus. La fin de bouche est une nouvelle fois très sèche et sucrée, courte et cassante (merci le sucre), et sans grand intérêt, et appelle immanquablement un verre d’eau minérale (et fraîche de préférence).

Pour le coût de la bouteille c’est clairement surévalué. Et pour 140€ on attend autre chose qu’une boisson sucrée et si douce, sans relief ni finish (ou alors choisissez un autre rhum de la gamme Abuelo, nettement plus abordable). Et à ce prix là on ne parlera même pas de le servir accompagné. Note : 65

 

 


 

 

Ron de Jeremy / 50°

Bienvenue dans le monde du rhum version 10.0, celui qui n’a peur de rien, ni même du ridicule. Un blend créé par un maître ronero (celui si souvent sur les photos dans les festivals), et vendu via les attributs douteux d’un acteur porno retraité. Ça nous vient toujours du Panama, et cela rappelle insidieusement que le rhum est réservé à l’adulte, et qu’il est un produit marketing comme un autre.

Un rhum doré, très clair, presque paille. Et huileux, ça va de soit.
Au nez, c’est très plat, même pas simple, mais quasiment inexistant ; du chêne, légèrement caramélisé, voir brûlé, et de la vanille, de l’éthanol. Et j’ai beau attendre, rien ne viendra de plus… c’est très ennuyeux, avec comme un air de porno, ce qui rend le nez  très fidèle au genre. Une question persiste, comment, un rhum de « 7 ans » peut sembler aussi insignifiant?

En bouche, c’est très huileux, mielleux même, et forcément sucré. On note l’apparition de réglisse mélangée dans une grosse dose de mélasse bien lourde, et on reste beaucoup sur cette impression de bonbon à la réglisse (zan), avec quelques épices, et de la vanille. La fin de bouche est courte, mais demande sûrement à ce qu’on y retourne. Sans longueur, la finale est sèche (sur l’alcool), plutôt désagréable.

Surement le rhum parfait pour boire en boite: pas besoin de sentir quoi que ce soit, et un goût d’alcool prédominant. On peut tout vendre avec le sexe, mais pas encore du rhum. Note: 52

 

 

Il s’agit sûrement de bons produits pour vendre, pour plaire, pour flatter les palais, mais que le terme rhum n’est pas très flatteur pour l’occasion. Il en faut pour tout le monde, et certains diront que ce genre de produits pousseront les gens vers de ‘vrais’ rhums ; j’ai un sérieux doute sur cette hypothèse, qui pour moi tient plus de l’argument commercial. Mais si c’est bien le cas, la personne qui arriverait à d’autres choses (nettement plus sérieuses) via ce genre de produit, n’y reviendra sûrement jamais.

Sans relief, sans punch, sans amour, ça sonne vide en plus de rendre triste sur le sort du rhum ; mais il faut admettre qu’il y a un public pour cela, et c’est sûrement bien (et il ne s’agit ici, au fond que de mon avis personnel). Si pour vous, le rhum c’est cool (Rum is Fun), que vous n’aimez pas les alcools trop prononcés et plutôt sucrés, alors vous y trouverez votre bonheur.

Ne souhaitant pas rester sur un avis aussi catégorique, direction les embouteilleurs indépendants pour un peu plus de rhum panaméen

 

 


 

 

 

L’Esprit Don José 2000 / 46°

Distillé en 2000 et embouteillé 12 ans après à 46°. Une sorte d’Abuelo 12 en plus authentique et avec un poil de puissance en plus (et du vieillissement en Europe). L’embouteillage nous vient de France, et plus particulièrement de Bretagne. Il existe dans la même série une version fullproof que nous verrons plus bas.

Couleur dorée, claire et brillante, légèrement cuivrée. La robe est huileuse et ne dénote pas du reste.
Au nez, on retrouve les marqueurs précédemment trouvés chez les rhums Abuelo, à savoir ces agrumes (et cette orange) très présents, ce caramel, et cette ambiance gourmande, patissière, vanillée, mielleuse. Il y a de la banane (séchée), et cette ambiance légèrement « fumée », et beurrée (rance). On a ici plus de concentration aromatique, et c’est déjà ça. Avec le repos, des pruneaux et des notes plus sombres (réglisse) prennent place.

En bouche, c’est huileux, mielleux et sucré : sur le caramel, la vanille, les fruits secs, mais aussi la réglisse et un côté mentholé/zestes d’agrumes qui réveille les sens, et une légère amertume apportée par le bois (qui casse un peu le côté sucré). On est assez loin de l’ennui des embouteillages officiels, et la fin de bouche est nettement plus longue et chaleureuse, sur un boisé fumé et des épices chaudes (cannelle, gingembre).

Un rhum à mille lieues des Abuelo, qui plaira radicalement plus aux amateurs de rhums, même si le rhum reste ce qu’il est, meilleur certes, mais pas exceptionnel non plus et toujours sucré (celui ci a été mesuré à 9-13 g/L). Note : 78

 

 


 

 

L’Esprit Don José 2000 / 57,8°

La version Brut de fût, avec cette fois 57,8° au compteur.


Couleur vieil or, ambrée, et une robe huileuse.
Au nez, beaucoup d’alcool, et au delà, de la pomme, de la banane (verte), de la vanille et toujours ce caramel ; côté épices: gingembre et cannelle sont de la fête. On reste sur un nez pâtissier, gourmand et chaleureux, mais très alcooleux. Les fruits secs se font de plus en plus présents (abricot, raisins), et au delà, de l’amande, et toujours ces agrumes si caractéristiques.

En bouche, les 57,8° font tout de suite la différence : c’est toujours doux, mielleux et sucré (encore trop), mais l’alcool aide et lui donne une autre dimension. Vanille, caramel (au beurre salé), réglisse et chêne (fumé, braisé), c’est crémeux et chaud en bouche, et même poivré. La fin de bouche est assez longue, sèche, réglissée, légèrement tannique mais toujours sucrée, et épicée.

Enfin un Abuelo brut de fut! ça reste alcooleux, comme l’ensemble pour le moment, et sec en bouche. Un rhum à préférer tel quel pour en découvrir la face cachée, et un semblant d’authenticité, mais qui a ses limites (alcool, sécheresse en bouche, et sucre: 16-21 g/L). Note: 79

 

 

Scotland & Malts Don José 1999 / 57,9°

Distillé en 1999 et embouteillé en 2011, soit après 12 ans. Comme son nom ne l’indique pas, l’embouteilleur est Allemand.

Couleur vieil or ambré, huileux.
Au nez, alcool, caramel et vanille, et au-delà des agrumes (zestes séchés). On reste sur le même profil que le reste, avec une dominance de l’alcool. Ces notes ne laissent malheureusement pas présager d’un rhum très aromatique, que l’on imagine distillé à outrance, au nez puissant et piquant. C’est en ça un exemple parfait du genre. Avec du repos ressortent des notes de curry, que l’on peut retrouver dans les autres embouteillages mais de manière beaucoup plus discrète.

En bouche, c’est crémeux, caramélisé et sucré. toujours vanillé, une sorte de mixture mélangeant chêne, vanille et caramel, dans une ambiance plutôt collante et pas désagréable, mais bien trop sucrée (sirop d’érable). Gingembre et muscade arrivent, pour une fin de bouche chaude et moyennement longue, toujours sèche et sucrée, poivrée.

On a l’impression de franchir les limites du genre. On tourne en rond, avec l’impression de retrouver exactement le même rhum, mais parfois plus collant et alcooleux que le précédent ou que le suivant. Celui-ci ressemble plus à l’original (Abuelo) mais en plus concentré. Note: 76

 

 


 

 

The Rum Cask Panama 2004 / 54,5°

Un autre embouteilleur Allemand qui a pour habitude de proposer de très bons produits ; embouteillé en 2013 cet Abuelo bis a 8 ans et est embouteillé brut de fût.

couleur ambrée aux reflets cuivrés, huileux comme tout Don José qui se respecte.
Au nez, c’est complétement différent du reste… très fumé, à la manière d’un Islay. Avec l’impression d’avoir un mélange déconcertant -mais intéressant- de caramel et de note sucrées, avec un côté fumé extrême, braisé, cendré même. Il y a t-il eu un affinage dans un fût de Isaly ? en tout cas, c’est assez tenace, à mi-chemin entre le sucré et le salé, pour un résultat bluffant! les notes sucrées passent mieux pour le coup.

En bouche, on s’attend à un gout cendré et extrême, et c’est en effet ce qui arrive ; mais les notes de fruits et de caramel (et de vanille), rendent l’ensemble très facile, très doux et même sirupeux : mixture de charbon de bois, brulé, caramélisé, salé et marin, allié à la douceur extrême du caramel et à des envolées vanillées. La fin de bouche est longue, et une nouvelle fois sur le chêne cendré, braisé, islay style, pour un goût qui restera longtemps en bouche. Très longue persistance.

Un rhum qui sort du lot, unique avec ces notes cendrées très prononcées, et cette fois-ci étrangement mesuré à 0 sucre. Note: 82

 


 

 

Isla del Ron Panama 1995 / 52,9°

Embouteillé en 2012, 17 ans, brut de fût (fût #002, 187 bouteilles). Le plus vieux gouté jusqu’à présent, 17 ans et quasi autant de vieillissement continental.

Couleur vieil or ambré, avec une couronne de fines gouttelettes se transformant en épaisses larmes très lentes.
Au nez, c’est boisé, plutôt sec et caramélisé, avec notre fidèle vanille. Et toujours ce côté légèrement piquant, alcooleux, qui domine l’ensemble. Des fruits secs, raisin et figue, de l’orange, et des notes de curry.

En bouche, le rhum est huileux, sirupeux: un mélange de caramel, de miel, de chêne, de crème brulée, toujours pâtissier et gourmand. Banane, pommes acidulées, et toujours cet aspect sirop d’érable, sucré, avec de chaudes épices (cannelle, gingembre). La fin de bouche est plutôt longue et savoureuse, sur les fruits exotiques, et les épices. Avec de l’ananas en sirop, pour un équilibre plutôt sympa.

Le plus vieux et pas le moins intéressant, ça fonctionne plutôt bien cette fois, avec un équilibre entre sucré et trop sucré (mais quand même 29-34 g/L de sucre ajouté). La fin de bouche longue est plutôt agréable, sur des fruits exotiques qui font leur petit effet. Note : 81

 

 

 

 

Des rhums issus d’embouteilleurs indépendants qui restent sur le même profil aromatique que les embouteillages officiels, avec des rhums assez simples mais avec plus de puissance, et toujours ce sucre ; On apprend, après quelques recherches, que la distillerie, sûrement sous couvert d’une longue « tradition », a l’habitude d’ajouter du sucre en court d’élevage (de vieillissement). L’avantage indéniable d’ajouter du sucre, est aussi d’ajouter… du goût, ou/et de masquer une matière première qui en a besoin.

On sent clairement que cela ne suffit pas, et que la distillation fait tout, et que pour le coup un rhum distillé à l’extrême ne peut pas (et ne pourra jamais) donner naturellement des arômes. Seul le Rum Cask sortira du lot, avec des arômes braisés du plus bel effet, mais tellement différent du reste.

90 et + : rhum exceptionnel et unique, c’est le must du must
entre 85 et 89 : rhum très recommandé, avec ce petit quelque chose qui fait la différence
entre 80 et 84 : rhum recommandable
75-79 POINTS : au-dessus de la moyenne
70-74 POINTS : dans la moyenne basse
moins de 70 : pas très bon
Comments
6 Responses to “Rhums du Panama”
  1. laurent dit :

    Salut

    Salut,

    Merci pour cette petite virée centraméricaine 😉

    Il y a un autre rhum de Panama qui me semble intéressant c’est le Don José (1999 je crois) proposé par Mezan. Accessoirement c’est un des rares rhums de cet embouteilleur qui soit un peu au-dessus de 40°. Ça reste du rhum léger, c’est sur qu’après une période Caroni ou Demerara ça peut paraître un peu plat.
    Par curiosité j’essaierai peut être celui de The Rum Cask, mais il y a déjà tellement d’autres bonnes choses à goûter chez eux…
    à+

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  2. Cyril dit :

    Haaaaa ! Enfin un retour de dégustation qui ne me coûtera rien !! 😉

    Perso, maintenant, je me méfie, entre autres, des produits qui viennent d’Amérique Latine (oui, je sais, il ne faut pas faire d’amalgame…).

    @+

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    • cyril dit :

      Hello Cyril
      le mieux est tout de même de gouter avant, c’est même indispensable afin de se faire son propre avis 😉

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      • Cyril dit :

        Mouais….sur le principe….sinon, une fois que tu as goûté aux DOM-TOM, aux brut de fut, et autres Veliers (en très résumé, car là, en même tps, je pense aussi à un Rum Sweeds ou à, tout simplement, un appleton 12ans), il est qd même difficile (ou, pour tempérer, on va dire « souvent décevant ») de retourner à autre chose ensuite…. 😉
        Et en provenance d’Amérique Latine, je n’en connais pas qui sorte du lot, tout ce que j’ai est bcp sur le sucre/doux/sirupeux. Parfois, ce n’est pas désagréable mais aucun ne me laisse sur le c*l. Jamais, ils n’ont provoqué le « wouaaah… ».
        Mais bon, on compte sur toi pour nous dégoter la perle rare 😉

        Et c’est marrant d’ailleurs cette tradition hispanique du Solera et du sucré-doux-sirupeux que l’on retrouve de manière tout à fait similaire ds leur « vin » Xeres (ou Sherry) à base de Pedro Ximenes ds lequel on retrouve un bouquet puissant qui rappelle les raisins secs, les figues, le café et les épices et en bouche, le sucré et les fruits cuits….un produit que je te conseille d’ailleurs vivement, mais tu as dû gouter…

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        • cyril dit :

          ça m’arrive d’avoir envie d’un rhum hispanique de temps à autre, selon l’humeur et le moment. Il ne faut jamais s’attendre à une grosse complexité, ça reste du rhum léger, mais il y a de bonnes choses. Pour le côté Solera et sucré on va dire que c’est de tradition et ça permet de mettre en valeur une base légère

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