Bally 1999

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Après le millésime 1998 sorti l’année passée qui a ressuscité Bally en proposant une des plus belles découvertes de 2016 (et le premier brut de fût historique de la marque), voici que 2017 marque l’arrivée de son successeur, le 1999. Même recette avec un rhum proposé au degré naturel et qui n’a subi ni réduction ni ouillage ; mis en vieillissement à 62,1% il n’aura perdu que très peu d’alcool au cours de ses 17 années révolues de vieillissement…

Pour vous rincer le palais, nous vous proposons de vous (re)plonger sur le côté historique et revivre la saga Bally via cette page .

 

 

 

J. Bally 1999 / 54,5°

Plus de 17 ans au compteur et proposé au degré naturel de 54,5°. Une édition limitée à 948 bouteilles pyramidales, sortie par LMDW pour sa collection ‘Cellar Book’. Selon la marque, l’année 1999 a été particulièrement sèche, donnant à ce rhum un profil pour le moins inhabituel.

 

La robe de ce rhum millésimé est acajou, tirant sur le côté obscur de la force, huileux, gras et bulleux.
Papaye sénile cuirassée, mangue flétrie sur son lit de sous bois, champignon torréfié et cerise griotte des forêts noires: ce rhum propose un nez pour le moins atypique mêlant un exotisme de l’au-delà (papaye version walking dead) et des notes de vieux blousons en cuir défraîchi, de fruits secs de chez sec et du bâton de réglisse ravi et dressé comme jamais.

Les fruits confits fourmillent, sucrés et noirs (pruneau, raisin), plongent vers le sirop (grenadine), la crème anglaise et voilà que les notes rôtis se consolident avec l’attente. Bonbon arlequin? poire williams (meurtrie à cœur) sur son coulis de chocolat et saupoudré de noix ; ça se bouscule sur ce nez! Très sec et très torréfié, et sombre, en mode chocolaté, noisette et pâte à tartiner. Le 1998 paraitrait même bien timide à côté…

L’attaque est puissante et détonante, virile et corrosive, que dis-je, orgasmique… huileuse et chaude comme une braise encore fumante, ronde comme le le cul cylindrique d’une clope froide, les fruits fondent comme neige au soleil et suintent du sucre et des épices. Le cuir vous cramponne au palais et rétrécit jusqu’à habiller chaque muqueuse, passionnément, et vous travaille au corps, ardemment. Un rhum qui vous scotche, vous caresse et vous gifle à la fois. Un coup de tanin ça vous dit ? non ? Même si on vous promet une pommade fruitée pour cicatriser les plaies fumantes? vraiment? La bouche est à l’image du nez, sèche et grillée avec une part belle faite aux fruits, secs forcément, mais aussi à coque pour amortir le choc (noix). Vous reprendriez bien un petit morceau de chocolat avec votre café ? une griotte sur le coin du nez ? La fin du repas avait beau s’annoncer lourde et pas très digeste, on est au contraire pris d’une sensation de légèreté, prêt à courir le champignon en forêt et même à affronter la pluie, habillé de cuir et ragaillardi d’un palais imperméabilisé.

 

Le Bally 98 proposait déjà ce genre d’expérience ébouriffante (que nous appellerons l’expérience vraie du brut de fût, sans ouillage ni réduction), le 99 bouscule un peu plus les codes et propose même une bouche puissante et succulente, confite et persistante. Après le 98 et le 99, on attend forcément le 2000! Note: 92

Le comparer avec le 98 est peine perdue, trop différent, mais tout aussi excellent ; ce sera donc une affaire de goût, et une affaire de temps.

 

90 et + : rhum exceptionnel et unique, c’est le must du must
entre 85 et 89 : rhum très recommandé, avec ce petit quelque chose qui fait la différence
entre 80 et 84 : rhum recommandable
75-79 POINTS : au-dessus de la moyenne
70-74 POINTS : dans la moyenne basse
moins de 70 : pas très bon
Comments
11 Responses to “Bally 1999”
  1. Florian Perolini dit :

    Coucou Cyril, beau compte rendu où je te rejoint.

    Un magnifique Bally.

    À bientôt.

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  2. Jéronimo dit :

    Bonjour Cyril,

    Commentaires partagés sur ta dégustation. J’ai eu l’occasion de le goûter au Whisky live : il surclassait toute la gamme Bally pour laquelle je n’avais pas eu de coup de foudre.
    La bouteille est déjà réservée à l’achat chez mon caviste.

    Merci encore pour nous faire partager ta passion.

    5
  3. Cyril dit :

    Slt cyril 😉

    J’en profite pour un « Bonne année » de circonstance… 😉

    Et pour confirmer, après dégustation hier soir (suite achat, suite à ton article), que j’attends le 2000 avec impatience également !

    Et je te rejoins globalement sur les saveurs trouvées : cerise, pruneau, raisin, noix…et le bois 😉

    Merci pr ton avis qui m’a, une nouvelle fois, fait découvrir cet excellent rhum 😉

    @+

    0
  4. Cyril dit :

    PS : par contre, peut-être pratique pour le transport dans les cales des bateaux à l’époque, mais pas pratique pour le rangement, ce format de bouteille ! 😉

    0
  5. Cyril dit :

    Et, pr finir, je ne partage pas (du tout) la note de dégustation de LMDW (ci-dessous) que je viens de retrouver…

    @+

    Cyril

    Note de dégustation

    Couleur : cuivre soutenu à reflets vieil or.
    Nez : ample, profond. Des écorces d’orange, du sucre de canne, du miel de bruyère, des abricots confits, des roses poivrées, des dattes, des clous de girofle, des pamplemousses roses et des graines de moutarde, tel est le florilège de parfums diffusés par une première séquence aromatique particulièrement intense et complexe. À l’aération, il devient de plus en plus empyreumatique (crème brûlée, baba au rhum) et vanillé. De très fins tannins réglissés enrobent progressivement les papilles.
    Bouche : vive, droite. Avec autorité, l’attaque en bouche marche sur des racines de gingembre répandues sur un tapis de feuilles mortes. Des noix, des châtaignes et des dattes ajoutent une dimension merveilleusement fruitée à ce tableau automnal. En milieu de bouche, des bouquets de fleurs séchées sont délicatement posés sur des meubles anciens. Afin de perpétuer le plus longtemps possible cette sensation de profonde maturité, des épices (curry, curcuma, ginseng), des piments et divers baumes s’approprient l’arrière-bouche.
    Finale : longue, caressante. Les épices ont creusé de profonds sillons dans les chemins que la finale désire emprunter. Au détour d’un lacet apparait un champ de canne à sucre tandis qu’en contrebas, une végétation luxuriante et des fleurs (hibiscus, gardénia, clématite) diffusent leurs parfums alentours. La rétro olfaction est torréfiée, chocolatée, racinaire et légèrement terreuse (argile). Le verre vide dévoile des notes de paille, de fond d’artichaut et de canne à sucre.

    0
  6. Marc dit :

    Merci Cyril,

    je vois que celui-ci t’as émerveillé les papilles… et t’as fait rêver, tant mieux et merci pour ton commentaire

    Pour le 2000 patience… ce sera encore un autre monde…

    Même si tu as moins privilégié le 1998, celui-ci est plus corsé, plus sur le sec de ce millésime… je te rejoins affaire de goût,

    encore meilleurs voeux,

    MarC

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    • cyril dit :

      Bonjour Docteur Sassier
      merci pour la qualité du jus et vivement la suite, et même un Saint-James brut de fût.
      et plein de belles choses pour 2018

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