entretien spécial 70 ans


Une insatiable soif d’exploration, voilà la différence entre Velier et la concurrence, entre Luca Gargano et le reste du monde.


Les frontières sont depuis longtemps repoussées et la société génoise a une avance considérable sur le temps ; on lui doit des trésors que l’on croyait à jamais disparus (Saint James 1885, de vieux Bally), les tout premiers rhums single cask et full proof de chez DDL au vieillissement 100% tropical, la découverte du stock Caroni, les Clairins et bien d’autres choses à venir n’en doutons pas. Luca Gargano, en amoureux des belles et des bonnes choses aura eu l’ingénieuse idée de proposer chacune de ses découvertes avec le plus d’authenticité possible, brute et non polie par les normes devenues bien trop ennuyeuses. Exit le vieillissement continental et la classique dilution et vive la nature du rhum qu’il livre nue et sans artifice, jusqu’à le défendre corps et âme via une nouvelle classification qui bouscule les codes. Car Luca Gargano n’a pas fait que des découvertes, il a surtout mis en valeur des traditions et des terroirs exceptionnels en leur donnant une parole libérée, sans édulcoration.

Il a rendu accessible l’inaccessible et a brisé bien d’autres frontières : celles qui nous séparent par la distance, en mélangeant dans nos verres des pans de civilisations entières et de traditions séculaires.

(entretien issu d’une conversation téléphonique du 9 avril 2017)

 

 

Cette année, vous fêtez les 70 ans d’existence de Velier dont l’histoire commence en 1947. Quelle était alors son activité et qu’apportez -vous à votre arrivée?

Depuis 1947, Velier est un importateur de vins et de liqueurs, mais aussi d’un Cacao de Hollande ; je suis entré dans son capital (en achetant 33%) en 1983 à l’âge de 27 ans. Je travaillais alors en tant que directeur marketing pour Spirit SpA (NDLR : plus grosse société d’importation en Italie). A l’époque, j’étais jeune et à contre-courant, et je ne voulais pas rester dans une société qui allaient fatalement être rachetée par une multinationale ; je voulais plutôt trouver une société avec un mode de fonctionnement plus familial et humain, qui collait avec ma vision.

Velier était une société historique, assez petite, sans ordinateur, ni même photocopieuse, et les débuts n’étaient pas simples au final, mais nous sommes toujours là 70 ans après.

 

Vous avez été le premier à importer les vins du Nouveau Monde en Europe à la fin des années 80 (1988), puis début 90 commence l’aventure rhum au sein de Velier. Pouvez-vous revenir sur ces années ?

Après l’importation des vins du Nouveau Monde, j’ai pensé que le temps était venu de commencer à importer du rhum. Nous sommes 7 ans après mon arrivée à Velier, et à cette époque le marché était quasi inexistant en Italie (excepté Bacardi et quelque autres rares marques).

J’ai alors commencé à importer des marques alors inconnues ici et même en Europe, à faire venir des rhums de producteurs qui ne comprenaient d’ailleurs pas que l’on puisse s’intéresser à eux au-delà de leurs frontières. C’est une époque où j’ai aussi découvert DDL (Demerara Distillers Limited) et Yesu (ndlr: Yesu Persaud, ancien directeur de DDL), en étant le premier importateur de leur rhum El Dorado en Europe. C’est même à ce moment précis que j’ai pris conscience de la richesse du rhum, car jusqu’en 1988-1989, le rhum se résumait pour moi à l’agricole, à mes voyages en Martinique (ndlr: Luca est Brand Manager de Saint James en 75) et en Guadeloupe, et ce n’est que dans les années 90 que je commence vraiment à voyager et à explorer en profondeur cet univers. Avec DDL, j’ai découvert une distillerie qui faisait encore fonctionner des Pot Still, avec un passé historique lourd de sens. Je commence alors à comprendre et à cataloguer les rhums, à explorer plus en profondeur en visitant les Antilles. Ce n’était pas encore une recherche qualitative mais plus une exploration d’un monde encore inconnu, en solitaire et bien avant que le rhum explose.

En 1996, je me souviens même que la chaîne Metro m’avait demandé pour leur catalogue de noël de sélectionner une gamme de rhums et de faire un peu d’éducation pour leurs clients, et c’est là que j’ai créé une première classification avec le style français, espagnol, anglais, le style demerara ; parce que j’avais commencé à voir qu’il y avait des différences mais ce n’était pas encore très évident. En Angleterre il y avait le rhum de la British Navy, en France le rhum Agricole, en Italie Bacardi et peut-être Appleton, St-James et Clément et le rhum Fantaisie.

 

Vous sortez à cette époque un embouteillage dont on ne parle pas beaucoup et à l’histoire assez peu connue: un certain Bally Réserve Cantarelli. Pouvez-vous revenir sur son histoire ?

Il y avait déjà eu à l’époque la Reserve Veronnelli avec Barbancourt, et je me suis toujours dit que si un jour je devais sortir une réserve spéciale ce serait en hommage à Mr Cantarelli qui était pour moi un maître absolu et un personnage exceptionnel ; il a été le premier restaurateur à avoir 2 étoiles en Italie, avec un petit bistro perdu dans la campagne qui proposait une cuisine simple et très traditionnelle. Il tenait aussi avec sa femme un petit magasin qui vendait du Culatello (ndlr: charcuterie italienne produite dans la province de Parme), du tabac et toute sorte de choses. Il était là perdu sur une petite route provinciale, dans une petite ferme, c’était vraiment un autre monde.

Et derrière, il avait ce petit bistrot qui, dans les années 70, était le restaurant le plus en vogue en Italie. Le PDG de Fiat faisait même la route pour venir y manger, et c’était le rendez-vous des grands gourmets mais aussi des gens simples qui aiment les bonnes choses et la bonne cuisine. Mais c’est aussi une des personnes qui a découvert le Single Malt, qui a poussé des gens comme Bonfanti et tant d’autres à aller en Écosse explorer ce monde. Il avait d’ailleurs le plus gros stock au monde de Single Malt pour l’époque, et bien d’autres trésors (vins et spiritueux). Il m’a aussi donné ma chance en me passant une commande de rhums Saint-James…

 

Votre première aventure professionnelle rhum passée chez Saint-James en Martinique vous aura permis cette rencontre alors ?

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En fait, nous sommes en 1975 et un jour mon agent m’appelle en me disant que Mr Cantarelli souhaite acheter 600 bouteilles de rhum Saint-James. Aller chez ce monsieur était un rêve pour moi, j’avais 18 ans et c’était surréaliste ; c’est la seule fois où j’ai mangé chez lui avant qu’il ne ferme dans les années 80. Je me rappelle encore : toute la fumée, la cigarette, les plats, les vins, les gens qui restent à table des heures. Et quand tu as 18 ans, tu n’es pas habitué à ce genre de choses ! Arrive Mr Cantarelli qui me dit « Mr Gargano, j’ai connu votre père qui était un homme exceptionnel, et j’espère que vous êtes comme lui ; j’ai besoin de 600 bouteilles de rhum Saint-James! ». Moi j’avais les jambes qui tremblaient… Et là il sort de sa poche un chéquier, signe un chèque en blanc et me dit: « le prix, c’est vous qui allez le faire ». J’ai découvert bien plus tard que j’avais fait perdre de l’argent à la société…

 

Et la Réserve Cantarelli fut donc sortie en hommage à ce Monsieur ?

ballyCPour le grand homme qu’il était, pour sa simplicité et son rôle dans la gastronomie italienne. Au décès de sa femme, il a décidé de fermer son activité, mais l’endroit serait sûrement encore très coté aujourd’hui. A cette époque, Bally avait encore tous ses millésimes et j’ai eu envie de faire un embouteillage spécial avec Mr Cantarelli : je suis allé chez lui, alors qu’il était déjà fermé (depuis 5 ans) et je lui ai proposé l’idée. J’ai ensuite fait envoyer des échantillons que nous avons tous les deux goûtés dans son restaurant et nous avons choisi un millésime 1970. C’est la toute première fois que je faisais un embouteillage spécial sous le nom de Velier, la toute première sélection.

Et même l’étiquette à une histoire très particulière et personnelle ; c’est l’année où est sorti le scanner, et pour personnaliser un peu l’étiquette de cette réserve spéciale j’ai en fait scanné une veste Madras que j’avais achetée en Martinique à ma fille Maria Margaux qui avait à l’époque 5 ou 6 ans. L’étiquette de la Réserve Cantarelli est en fait un morceau de la veste de Maria Margaux.

 

Nous parlions précédemment de Demerara ; votre partenariat avec DDL a cessé suite au départ en retraite de Yesu Persaud. Aura t-on le droit à un dernier rhum pour l’anniversaire de Velier ?

lastDDLOui, et il sortira avec le packaging de DDL (ndlr: celui de sa gamme Rare Collection), avec un écusson anniversaire et une étiquette particulière. Ils m’ont envoyé des échantillons mystères sans en mentionner la provenance (3 au total) et j’en ai choisi un dont je ne connais l’identité que depuis mars : un rhum « blended into the barrel » de Port Mourant et Diamond de 2001. Un rhum de 16 ans d’âge, mais je n’ai pas encore les quantités, c’est encore en finalisation avec les étiquettes. DDL devrait profiter de l’occasion pour sortir la suite de leur gamme (ndlr: sur la thématique ‘Wooden Still ‘ avec un nouvel Enmore et Port Mourant).

Je vais aussi -finalement- sortir le Diamond & Versailles 1996, que je vais vendre à 120€ comme je devais le faire à l’époque, il y a deux ans.

 

Et le problème de la spéculation va sans doute se charger du reste…

Je vais les vendre à 120€ à mes clients, après.. la spéculation est une chose très compliquée à ‘contrer’ et encore plus à ‘contrôler’. J’ai des idées mais ce n’est pas une chose simple à mettre en place, mais je préférerais bien sûr que les gens ouvrent les bouteilles pour découvrir plutôt que les vendre 3 ou 4 fois plus chers. Je pense faire une liste de personnes sérieuses pour le distribuer, je cherche à faire quelque chose de bien…

L’idée la plus simple serait d’augmenter mon prix de vente mais j’ai toujours vendu mes produits avec une marge raisonnable, et ce ne serait pas honnête. De l’autre côté, ça permet aux autres de faire des grosses marges et au final de voir sortir un produit avec un prix très élevé ; le Foursquare est le dernier exemple en date… je l’ai vendu 53€ et une semaine après il était à 250€. Soyons clair, ce n’est pas moi qui décide d’augmenter ces prix comme j’ai déjà pu le lire. Je choisis de bons produits, c’est mon plaisir et je garde intacte ma philosophie par rapport au vieillissement tropical, d’embouteiller naturellement brut de fût. Passé mon prix de vente à mes clients qui est toujours resté raisonnable, le reste est très difficile à gérer et je ne souhaite pas augmenter mes prix. Mon but est que les bouteilles soient bues.

 

Il y a aussi un effet lié au contenant et cette bouteille noire qui attise les foules, car mine de rien elle n’est sans doute pas étrangère au succès des Demerara. A t-elle d’ailleurs une histoire cette bouteille ?

J’avais d’abord commencé sur du classique en achetant en Angleterre mes toutes premières sélections, mais quand j’ai commencé à sélectionner chez DDL grâce à Yesu, j’ai voulu utiliser une bouteille différente. Un jour j’ai visité la cave d’un collectionneur italien à Milan, et j’ai vu cette bouteille qui me plaisait et que j’ai voulu reproduire et qui deviendra celle des Demerara ; c’était une très vieille bouteille de Whisky du 19ème siècle. Après ma visite, j’ai envoyé mon frère prendre une photo et on a fabriqué un moule spécial sur cette base.

 

Caroni est aussi victime de cette bouteille en quelque sorte. L’occasion de revenir sur cette saga, de la découverte des stocks et des histoires qui en découleront, parfois fantasmées à l’extrême. L’occasion de remettre un peu d’ordre si vous le souhaitez ?

caroni_bQuand j’y suis arrivé avec mon photographe et ma copine, le 9 décembre 2004, la distillerie était fermée ; tout était en liquidation à cette époque.

Devant la distillerie, j’ai vu une personne qui était à l’intérieur en train d’embouteiller un rhum blanc (de marque Stallion je crois) ; cette dame était seule en train de faire un petit embouteillage et m’a expliqué que la fermeture avait eu lieu en 2003. Elle a poussé quelques portes et m’a montré un imposant stocks de fûts, principalement des millésimes des années 80. Plus tard, j’ai contacté Rudy Moore (ndlr: la personne en charge de la liquidation) au téléphone et nous avons pu faire venir des échantillons pour goûter. Après plusieurs discussions avec Rudy, j’ai commencé à acheter le stock, en 4 fois pour être exact, car au début il voulait vendre toute la distillerie avec les murs, et non juste les fûts.

Une première fois en 2005 où j’ai décidé de tout embouteiller sans attendre, quand les fûts étaient encore sur place. Puis 2 ans après, j’ai acheté une autre partie des stocks que j’ai aussi décidé d’embouteiller tels quels. Et en 2008, pour la 3ème fois, les fûts ne pouvaient plus rester sur place alors j’ai demandé à Yesu de les stocker chez DDL. Et entre temps, j’ai enregistré le nom Caroni.

A l’époque je n’avais pas décidé d’acheter les millésimes 1998 et 2000 qui me semblaient trop jeunes, mais aussi parce que j’avais déjà de quoi faire avec les autres fûts. En 2011, j’ai rappelé Rudy pour savoir si je pouvais les acheter et il m’a dit que les fûts avaient été déplacés chez Angostura (suite à la reprise par l’état). A ce moment-là, j’avais peur qu’Angostura les ait mélangés avec leur propre rhum.. mais pour eux, Caroni c’était plus du pétrole que du rhum. Donc en 2011, j’ai acheté les millésimes 1996, 1998, 2000,…tout ce qui restait de disponible. Et ces dernières semaines, je transfère les stocks du Guyana (des entrepôts de DDL) vers l’Écosse. Il reste peu de fûts, et avec plus de 20 ans de vieillissement c’est assez je pense.

Cela fait quelques mois que  je me replonge dans l’historique de tous les fûts que j’ai achetés, à l’occasion de l’anniversaire de Velier, et j’ai peur de voir combien j’en ai perdu sur le total.. ça doit être énorme, sûrement plus de la moitié.

 

Caroni17D’ailleurs pour cet anniversaire, on parle de magnum de Caroni ?

Oui j’ai fait revenir 3 fûts de Caroni du stock de Guyane : un millésime 1994, un 1996 Heavy et un 1996 blended. Ils sortiront en magnum avec une étiquette The Caroni et en bouteilles de verre soufflé. Nous les embouteillons chez Capovilla.


Quelles sont les autres surprises à prévoir en terme de rhum ? Pour les 70 ans et « à côté »

En ce moment, arrive le Foursquare Tryptich, et après nous allons aussi sortir (toujours avec Richard et Foursquare) courant octobre le rhum Principia (un blend de 2 millésimes vieillis en fûts de Sherry), et un autre rhum qui devrait s’appeler Destino 2003, et qui est le plus vieux rhum qu’a actuellement en stock Richard. On va le sortir en deux fois : une fois cette année à l’occasion de l’anniversaire (une sorte de pre-release), et en 2018. Quand j’ai demandé à Richard pourquoi il avait choisi ce nom étrange il m’a répondu que c’est parce que c’est le destin qui a fait que nous nous sommes rencontrés (rires).

Sinon il y aura aussi les Habitation Velier Last Ward 2007 (Mount Gay), Hampden LROK qui est embouteillé depuis l’année dernière, et un nouveau Worthy Park ‘WPM’. Il faut savoir que Worthy Park a le plus grand stock de Pure Single Rum, soit 9000 fûts uniquement de rhum 100% potstill ; ce sont principalement des rhum légers sans trop de congénères (avec la mark WPL pour Light). Et quand j’y suis allé l’année dernière, j’ai découvert l’équivalent de 25 fûts de mark ‘WPM’ de 2006, avec des esters plus élevés, qui donneront lieu à un embouteillage unique Habitation Velier. D’ailleurs, Worthy Park va bientôt sortir un vieux et utiliser sur leur étiquette le terme Pure Single Rum, c’est une bonne nouvelle.


Et les sorties anniversaire ?

Je crois qu’il y a au total 28 embouteillages spéciaux de rhums… des sélections uniques à chaque fois, en petites et en plus grandes quantités, articulées autour de dates-clés qui rappellent pour certaines les premières fois, les première rencontres.

– Un fût de chez Saint-Lucia Distillers, avec un rhum issu de leur alambic John Dore,
– 2 fûts de chez Bielle : 2 fûts identiques dont un a voyagé avec le Tres Hombres par bateau, et un autre qui sera embouteillé sur place,
– Le rhum Destino 2003 avec Foursquare (le plus vieux rhum de la distillerie),
– Un fût PMG Liberation de 2007,
– Un Neisson 1997 mais en toute petite quantité (moins de 100 bouteilles je pense, car issu d’un fût sans ouillage), et il y aura aussi un 2005 et un 2007,
– Un Karukera 2011 (sherry cask) dédié à ma fille Émilie, et un 2008,
– Un Hampden 2010 spécial avec une quantité d’esters très élevé (mark unique),
– Un Saint-James 2008 ex-Cognac barrel proof à 1200 bouteilles ; c’est la première fois que Saint-James sortira un brut de fût. Et l’année prochaine nous sortirons sûrement le premier Single Cask Barrel Proof (fût unique et brut de fût) de Saint-James,
– Une Pyramide Bally 2006,
– je vais embouteiller mon stock de chez Mount Gay (vieilli dans des gros et petits fûts ex-brandy) ; ce sont en fait les seuls stocks de rhum pot still qui existent chez Mount Gay, vieillis dans des fûts autres que Bourbon.
– 2 rhum (Pure Single Rhum) de chez Chamarel : un millésime 2011 (single cask), et un blend de 2010/2012.
– un fût unique du rhum Encrypted de Nine Leaves (Japon).
– Des Clairin aussi, avec un  nouveau producteur (Les Rochers) que je connais depuis les débuts et qui fait une version plus « jamaïcaine » en utilisant les vinasses.
– Et sûrement aussi le premier Clairin Haïtien vieilli: nous avons depuis 2 ans des clairins en vieillissement dans fûts ex-single malt et depuis quelques mois en fûts de Caroni (Casimir, Sajous, Vaval). L’ex-Caroni se développe mieux pour moi, on verra vers la fin d’année pour peut-être un embouteillage. Nous avons à peu près 150 fûts avec lesquels nous faisons des essais…

 

Et tout ça sortira vraiment cette année?..

Oui mais il y a des versions très limitées, et d’autres beaucoup moins. Quand je trouve un fût qui me plaît, je veux l’embouteiller tout de suite et le partager, mais ce sont surtout des single cask ; ce n’est pas forcément intéressant commercialement, mais c’est un plaisir avant tout. Cela doit faire 3 ou 4 ans que je commence à être connu sur le plan international, mais avant ça c’était surtout en Italie et en Europe, et 300 bouteilles c’était bien. Quand je déguste, je ne pense pas à la quantité, je pense surtout à l’avoir et le faire partager.

 

Et votre aventure Jamaïcaine, où en est-elle ?

hampdenJ’ai acheté avec La Maison du Whisky tout le stock de Hampden… 2700 fûts ! qui resteront vieillir sur place (peut être 2000 après remplissage de l’ensemble des fûts). Hampden c’est en quelque sorte mon Caroni de la retraite… ce sont des rhums de 7 ans, encore jeunes, mais dans 10 ans ce sera comme les Caroni de 98, c’est joli de voir ce qu’il restera plus tard.

Je voudrais tellement travailler avec la distillerie, qui est pour moi la plus belle distillerie au monde ; c’est unique et je ne connais pas une autre distillerie qui a 4 pot still, qui a sa propre source, ses propres techniques de fermentations, c’est exceptionnel et très authentique. Pour moi c’est encore plus beau que Caroni…

 

Comments
10 Responses to “entretien spécial 70 ans”
  1. Stéphane Gatto dit :

    Merci pour ce bel article et cette belle interview tant par son contenu et l’aventure Velier que pour les perspectives qu’elle permet d’entrevoir

  2. Nico dit :

    Wow, c’est simple, il n’y a pas une seule nouvelle qui ne mette pas l’eau à la bouche. Velier prouve une nouvelle fois qu’il ne s’agit pas uniquement de marketing, tous ces projets ont du sens.
    Et quelle belle histoire cette réserve Cantarelli 🙂
    Merci Cyril et merci Luca !

  3. Lance dit :

    Great interview. I always wondered what would happen if Luca did for Jamaica what he helped do for Guyana and Trinidad. I guess now we’ll know.

  4. cherbo dit :

    Merci pour cet entretien, plein d’annonces et dont la passion de Mr Gargano, contagieuse, transpire de ses propos!!!

  5. Sebastien dit :

    Bonjour Cyril;
    le PMG Libiration dot tu parles n’est il pas le 2017 qui sort prochainement?
    A propos du Hampden LROK, il y a une gamme appelee Collection 2017 embouteillee par Excellence Rhum. (Hampden, Diamond, Bellevue & Foursquare)
    Est ce le meme Hampden dont tu fais reference?

    Luca est infatigable…tant mieux!))

    • cyril dit :

      Salut Sébastien
      non il s’agit bien d’un 3éme Liberation pour cette année et spécialement pour l’anniversaire Velier : un 2007 et donc le plus vieux de la maison PMG 🙂

      LROK c’est juste une marque (mark) qui renseigne sur la provenance et sur la nature du rhum (taux d’esters,..), donc cela peut etre trouvé chez d’autres embouteilleurs (notamment Candenhead qui communique dessus depuis assez longtemps), mais dans le cas de Habitation Velier le rhum a été vieilli intégralement sous les tropiques (et en Jamaïque), contrairement aux autres embouteillages où le vieillissement se passe principalement en Europe.

      Infatigable c’est le mot oui !

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