Neisson côté vieux

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Un anniversaire peut en cacher un autre. Après les 70 ans de Velier qui marqueront à coup sûr cette année, place aux 85 balais de Neisson et à la refonte de gamme.

Après un panorama exhaustif des rhums blancs de la distillerie du Carbet, nous abandonnons le chai des rhums blancs et ses foudres en inox pour celui des rhums élevés sous bois (et vieux) et ses foudres (et fûts) de chêne. Exit l’inox, matériau inerte mais révélateur de canne et bienvenue au travail du bois et du temps, qui révélera une complexité tout autre qui grandira selon le nombre d’années et le savoir-faire du maître de chais.

L’occasion d’une session qui va de l’élevé sous bois classique à l’impressionnant profil 105, de la Réserve Spéciale aux XO, entre ancienne et nouvelle gamme.

 

 


 

Neisson ESB / 50°

Rhum ambré (ESB – Élevé Sous Bois), AOC Martinique, fait à partir de cannes cultivées aux alentours du Domaine Thieubert. Il a séjourné au moins 12 mois (pour une durée totale et moyenne de 16 mois) en foudre de chêne de 2000 et 5000 litres. Cette cuvée est issue de rhums agricoles blancs provenant des deux dernières récoltes. L’ESB goûté ici a été fabriqué en juillet 2016 (lot 15/197).

 

La robe est dorée, couleur paille aux allures de vin blanc, brillante et huileuse.
Au nez, c’est de légèreté dont il est question, mais une légèreté soutenue et concentrée. Les 50° rendent un grand service ici, car les rhums élevé sous bois sont bien souvent très doux et ultra-légers, et laissent penser à tort que cet entre-deux âges ne peut être différent et ne dégager qu’un boisé vanillé et épicé. Et bien celui-ci délivre son lot de fraîcheur citronnée, d’abricot en sirop, de canne et de fleurs blanches enivrantes et rappelle encore clairement le rhum blanc de chez Neisson. Encore tout frais et à qui le passage en foudre le polit d’un boisé naissant et vanillé, d’épices chaudes et déjà charnelles. La rolls des ambrés? Les 50° passent très bien et les notes citronnées résistent et maintiennent une fraîcheur agréable de bout en bout et sur la durée.

En bouche, l’attaque est douce, mielleuse et sensuelle. Charnue même! Du miel de canne à sucre caresse le palais, vanillé, de la cannelle et des notes cacaotées ; et nos agrumes entre confit et acidulé qui apportent du pep’s en bouche. Ce rhum ESB est en tout point gourmand et glisse en bouche dans un ensemble fondant, très fin et élégant. Comme à son habitude, Neisson maîtrise son boisé et nous le montre encore ici fort bien ; les agrumes électrisent la bouche et évitent l’ennuie. La fin est longue et vive, élégante et marque le retour des agrumes pour un dernier moment de fraîcheur gourmande, une dernière danse chaleureuse et enivrante.

Un classique du genre, avec la bonne idée de proposer le rhum à 50° pour une expérience unique. Si vous pensez que les rhums ambrés n’ont que peu d’intérêt, celui-ci devrait vous faire changer d’avis assez facilement. Et toujours avec une maîtrise -et un équilibre- qui laisse rêveur. Note: un bon 80

 

 


 

 

Neisson Profil 105 / 54,2°

Un rhum ESB 2.0, ou comment essayer d’apporter -enfin- de la fraîcheur, et surtout de la vraie innovation dans le monde du rhum agricole (et pas un énième coup de bluffe/de finish pour boucher les trous). Exit donc les classiques fûts de bourbon usagés, les immenses foudres de milliers de litres, cet élevé sous bois est passé dans des fûts de ‘rhum’. Cette cuvée est en effet le fruit de recherches et de l’acquisition de fûts neufs spéciaux et travaillés : d’une contenance de 225 litres à grains fins, séchés durant 36 mois avec des douelles constituées à part égale de chêne français et américain. Le profil de chauffe sélectionné donnera le nom de cette cuvée : profil 105

Un premier passage d’un rhum blanc pendant 4 mois a permis de diminuer les tanins et l’amertume des fûts neufs. La mise en vieillissement a débuté le 23 février 2015 dans 15 fûts et en octobre 2016, 6 fûts sont dirigés vers le compte élevé sous bois et dépotés vers un foudre de 2000 litres afin de les commercialiser en brut de fût  à 54,2 %.

 

La robe est d’un très joli doré soutenu, tout en légèreté et brillante, d’apparence huileuse. En d’autres circonstances on pourrait déjà penser à un vieux.
Au nez, on retrouve des agrumes matures, vanillés et étreints de miel d’acacia chaudement épicé. On retrouve une concentration et une richesse impressionnante pour un ESB, généralement beaucoup plus ‘simple’ et léger. On y retrouve aussi des notes plus lourdes et empyreumatiques naissantes qui soutiennent les plus douces. Le côté brut de fût apporte un réel intérêt qui rapproche plus ce rhum d’un vieux que d’un ambré, pas moins. Classieux et gourmand, très joliment équilibré, chocolaté et vanillé, abricoté, caramélisé (caramel mou).

Belle osmose et impression au nez, on a tout ce qui plait chez Neisson avec en sus une gourmandise empyreumatique qui grandit avec le repos et se mélange superbement aux notes plus fraîches d’agrumes. Très juste dosage de notes grillées et un boisé déjà excessivement bien maîtrisé et merveilleusement vanillé (tirant sur la coco). C’est simple, à l’aveugle il serait impossible de penser à un élevé sous bois et c’est en ça très impressionnant. Ça laisse aussi présager de grandes choses pour l’avenir, et l’usage de fûts de ‘rhum’.

En bouche, l’attaque est franche, saisissante et moelleuse, sur les agrumes confits et des notes grillées, épicées et chocolatées ; l’équilibre impressionne et la concentration n’a d’égale que le titre alcoolique! C’est puissant, un poil trop peut-être, mais bien fondu et surtout très fondant, où le chêne ressort mais sans trop en faire, accompagné de délicieuses et gourmandes notes de coco grillée. Très ample en bouche (presque résineux), le rhum est explosif et jouissif, en mode gourmand. La fin de bouche est longue, plutôt sèche (alcool) mais rafraichissante, sur les notes grillées, le café et les fruits séchés ; et nos fidèles agrumes qui apportent une fraîcheur salvatrice et génératrice d’un plaisir non dissimulé.

Pour un ESB c’est une claque, comme quoi les produits les plus ‘jeunes’ ne sont pas forcément les moins intéressants, bien au contraire. Sortir ce rhum en brut de fût est une idée de génie avec un très beau nez et une bouche déjà très concentrée et fondante, le rapprochant clairement de rhum beaucoup plus vieux ; seul petit bémol, l’alcool est un poil trop présent. Mais (très) curieux de voir l’évolution et de découvrir le même rhum à un âge plus avancé ; plein de promesses tellement ce rhum de 20 mois possède déjà beaucoup de qualités. Note: 87

 

 


 

 

Neisson Réserve Spéciale / 42°

Les rhums à l’origine de la Réserve Spéciale ont vieilli entre 50 et 60 mois en fûts de moins de 650 litres, avec une moyenne de 4 ans et 5 mois.
La robe est ambrée, classieuse et huileuse, laissant entrevoir de nombreuses jambes dodues.
Au nez, le rhum apparait végétal sur des notes de paille et de foin principalement. Même beaucoup plus végétal que le reste, terreux et sec ; on aimera ou pas mais il délivre une image fidèle à la canne et à son environnement (tige, herbe): champêtre et rustique. Se mêlent du chêne assez fin voire poudreux, de la vanille et des fruits à coque (noix). Avec le repos des fruits légèrement amers (peau de pêche).

En bouche, le rhum est assez doux, rond et fait tout de même preuve de concentration ; on est sur le poivre, les agrumes, un boisé contenu et des épices chaudes (cannelle, 4 épices), vanillées. Du poivre relève la palette aromatique dans un bel équilibre. Les sensations sont bien différentes du nez, avec un rhum généreux et puissant, pour une fin de bouche moyennement longue et sèche, légère et qui partira bien trop vite.

Un rhum différent, surtout au nez avec des notes végétales très présentes (foin) ; on retrouvera la touche Neisson en bouche mais les 42° montrent rapidement leurs limites malgré une belle tenue. Note: 78

 

 


 

Le Rhum Vieux par Neisson / 45°

Exit la Réserve Spéciale, voici Le Vieux par Neisson. Dorénavant les assemblages bénéficieront d’une plus grande amplitude au niveau des âges et chaque nouvel embouteillage sera accompagné d’une fiche technique fournie par Neisson, toujours dans un souci constant de transparence.

Pour ce premier coup d’essai, le rhum a été assemblé le 08 Février 2017 dans un foudre de chêne du Limousin ; agréé en AOC le 15 Février 2017 et embouteillée le 20 Février 2017, sa composition est la suivante :

40% de fûts issus de chêne roux français mis en vieillissement le 20 novembre 2013 ;
40% de fûts issus de chêne américain mis en vieillissement le 30 juillet 2013 ;
Et 20 % de fûts de 190 litres de chêne américain mis en vieillissement le 28 décembre 2007.


La robe est d’un vieil or, tirant sur l’oranger ; c’est huileux, brillant et ça impose visuellement (larmes gourmandes et nonchalantes).
Au nez, on est sur un confit chaleureux (fruits jaunes, abricot, pêche) et empyreumatique, apprêté d’une fine pellicule boisée subtilement vanillée. C’est chaleureux, doux, profond, complexe. On est sur un rhum vieux plutôt sec et torréfié qui fait raisonner à l’occasion une fraîcheur sous fond d’agrumes, tout juste dissimulée derrière une poudre de cacao et l’écorce lissée d’un bâton de cannelle. Plus exotique et fruité que la Réserve Spéciale et même l’Extra Vieux.

Plus le temps passe, plus le rhum s’ouvre, et plus l’exotisme s’installe, mais toujours accompagné de ce boisé si précieux et régulier ; Neisson, l’horloger Suisse des Antilles. Belle symbiose et complexité pour un vieux qui mérite qu’on s’y attarde (à faire respirer).

L’attaque est chaude et huileuse, concentrant les fruits séchés à un boisé un poil plus piquant qu’au nez (bois grillé), avec des notes torréfiées et presque réglissées. La vanille est toujours là et donne une certaine rondeur et facilité à l’ensemble. La bouche propose une belle amplitude (et puissance pour 45°), et se dirige vers un profil plus épicé (poivre, muscade) tout en gardant une parenté végétale assumée. On y retrouve même les agrumes pour un rhum beaucoup plus « plaisir » que la Réserve Sépciale. La fin de bouche est longue et sèche, épicée avec un retour sur les fruits séchées et grillées sur la toute fin. On en demanderait même plus.

Pour un vieux c’est un très bon vieux, tout en concentration et en complexité ; et même si la comparaison avec l’Extra Vieux n’a pas vraiment lieu d’être (la moyenne d’âge est certes différente), elle sera tout de même plus intéressante à faire qu’avec la Réserve Spéciale sui se fera vite oubliée. Concentration, équilibre, notes empyreumatiques et exotiques, tout y est. Note : 85
> En comparaison directe avec l’ancien Extra Vieux, le nez de cernier apparait d’entrée plus léger, moins complexe que ce nouveaux Vieux. On lui trouve même en face-à-face un côté plus métallique en entrée, piquant (sur l’alcool). Plus de complexité et de concentration pour le Vieux par Neisson, mieux équilibré aussi (plus exotique et vanillé, plus facile d’accès encore). En bouche c’est une autre histoire : l’Extra Vieux apparait plus complexe et concentré et l’âge de l’assemblage lui donnera sûrement un gros avantage. Il dégage une belle puissance aromatique qui se termine dans les longueurs, là où le vieux peine à la comparaison (moins gras). Conclusion : le Vieux par Neisson est un rhum plus plaisir où l’Extra Vieux apparait plus ‘cérébral’. Le Vieux par Neisson sera donc plus à comparer à la Réserve Spéciale, mais il l’écrasera sans sourciller et s’imposera de lui même et tout naturellement.

 

 


 

 

Neisson Extra Vieux / 45°

Après avoir subi un premier assouplissement – élevage sous bois dans des foudres en chêne de 5000 à 10000 litres -, les rhums Neisson à l’origine de cette cuvée sont mis en vieillissement dans des fûts de moins de 650 litres ; une partie du vieillissement est même réalisé dans des fûts en chêne américain de 195 litres.

Il s’agit la d’une cuvée de rhums ayant vieilli de 6 à 8 ans (et donc considérée à juste titre comme un XO) en barriques puis de 12 à 24 mois en foudres de chêne.

 

Robe huileuse et très brillante, belle jambes et beau ballet pour un rhum qui transpire l’authenticité: un rhum sans artifice où la canne est reine. S’en mêlent des fruits cuits et une bonne dose de cacao, de la vanille et des épices chaleureuses (poivre, cannelle). Le boisé est d’une très belle justesse, juste suffisant pour nous rappeler l’incidence du fût, subtilement vanillé et ponctué de notes de coco grillée. Un nez torréfié, empyreumatique, agricole dans l’art. Le repos révèle un peu plus de fruits (pêche) et toujours un peu plus de notes grillées pour un rhum résolument complexe et chaleureux.

L’attaque est douce et onctueuse, ronde et riche de saveurs. On y retrouve toutes les notes présentes au nez dans un très bel équilibre, avec une canne qui explose en bouche et surtout rien qui ne casse cette osmose en bouche. C’est puissant, corsé mais subtil et cette réduction à 45° semble parfaite. On retrouve les fruits cuits, épicés, des notes de bois grillé, du caractère mais une nouvelle fois tout en subtilité. La finale est longue et savoureuse, chaude et subtile. Les fruits reviennent une dernière fois et restent en bouche, pour une sortie délicate. Le verre vide est toujours aussi complexe et ça, ça ne trompe que rarement.

Un rhum très bien travaillé, authentique et avec du caractère, mais tout en subtilité et en délicatesse. Une fois maîtrisé, la magie opère: aucun arôme ‘masquant’, le rhum est mis à nu dans ce qu’il offre de meilleur, de plus vrai et d’authentique. Un rhum qui récompense votre patience et la flatte. Note: 86

 

 


 

 

Neisson XO 3éme Millénaire / 45°

Créée en 1999 à l’occasion de l’entrée dans le nouveau millénaire, il s’agit d’un assemblage des meilleures barriques de rhums Extra vieux, des rhums de plus de 6 ans de vieillissement (environ 2000 bouteilles par an).

Après un bref assouplissement en foudres de chêne, les rhums Neisson de cette cuvée sont mis en vieillissement dans des barriques de moins de 650 litres pour une durée minimale de 6 ans au cours de laquelle leur degré est très progressivement abaissé à la faveur des différents outillages. Dépotés puis assemblés, l’élevage de ces rhums Neisson se poursuit en foudres de 2000 litres plusieurs mois avant leur tirage.

 

Belle couleur ambrée brillante pour cette cuvée d’aspect huileux avec de belles jambes épaisses.
Le nez est riche et ample à la dominante torréfiée, avec un boisé classieux et fumé (boite à cigares), des fruits confits et exotique passés (pêches, abricots) et vanillés, des épices chaudes et douces qui vous caressent les narines (cannelle et girofle, poivre gris). Un très beau tableau, plein de couleurs et aux tonalités intenses et concentrées. Mais aussi -et c’est un gros plus- une jolie fraîcheur végétale (herbe, menthe?). Toujours dans un équilibre sans reproche, un nez complexe et chaleureux, qui invite à la dégustation. On y trouve un côté beurré, laiteux, gourmand (vanillé) et torréfié et de la coco qui ressort pas mal avec du repos. On pourrait y rester longtemps, et toujours avec la même intensité (et le même plaisir). Gourmand, un rhum à croquer, pâtissier (coco, cacao, caramel).

L’attaque est ample, huileuse, mélangeant harmonieusement les fruits et les épices ; elle se fait même rapeuse (rugueuse) et légèrement acide (agrumes), et un peu plus épicée (poivre, girofle). Les fruits sont passés avec un léger rancio et une amertume marquée par le fût, avec un côté salin/marin appuyé par des notes poivrées. Très belle présence en bouche pour 45°, le rhum virevolte et délivre toute sa richesse au fur et à mesure, tout en complexité et dans un équilibre qui impose le respect. La finale est longue et dans la continuité de la bouche, et on aimerait presque plus de watts ; le rhum est persistant sur des notes épicées et salines qui assèchent légèrement le palais, et torréfiées.

Un nez hyper séduisant et complexe, à l’équilibre insolent ; une bouche ample et très bien dosée qui propose une facette plus brut et authentique du rhum, râpeuse et saline (agrumes), avec une très belle persistance. Mais aussi très gourmand, sur la coco et le cacao. Note: 88


 

 


 

 

Le XO par Neisson / 48,5°

Nouveau rhum dans la gamme, et nouvelles informations toujours très complètes:

Une partie de son vieillissement est réalisée dans des fûts en chêne français – de 220 ou 350 litres, l’autre dans des barriques en chêne américain de 190 litres.
La réduction du degré jusqu’à 48,5 % s’effectue tout au long du vieillissement à la faveur des différents ouillages. Après neuf années de vieillissement, les rhums sont sélectionnés par le maître de chais qui détermine un assemblage rigoureux. Cette cuvée XO à 48,5 % vol est le symbole de la tradition Neisson et de son renouveau.

Son assemblage se détermine comme suit :
– 10 % de 12 ans d’âge élevé en fûts de chêne roux français, mis en vieillissement le 9 juillet 2004 ;
– 70 % de 11 ans d’âge élevé en fûts de chêne américain, mis en vieillissement le 17 mai 2005 ;
– 20 % de 2007 élevé en chêne américain mis en vieillissement le 28 décembre 2007.

 

Un XO à la robe ambrée soutenue, profonde tirant sur un bronze conquérant. Les jambes sont droites et longilignes, pulpeuses.
Au nez, c’est profond, droit et  fort élégant: le boisé est triomphateur, toujours d’une parfaite maîtrise et des notes torréfiées sont maintenant libérées à dose chirurgicale et viennent caresser le nez, comme poudreuses, s’enamourant de zestes d’agrumes confits de plaisir et délicieusement cacaotés. Comme pour le Vieux par Neisson, ce XO demandera du temps pour dévoiler tous ses charmes, mais quelle récompense au bout! Le côté zestueux adjoint à une canne toujours présente apporte une belle fraîcheur et une complexité sans pareil. Et plus le rhum respire, plus il propose de complexité et devient fondant : le boisé, le cacao et les les notes torréfiées se mélangent jusqu’à ne faire plus qu’un dans une osmose parfaite et quasi religieuse. Avec l’impression de toucher un morceau de ciel tout en gardant les pieds sur terre, on voudrait s’en tartiner partout et garder son parfum jusqu’au coucher.

En bouche, l’entrée est telle une caresse, un baiser pleine bouche: le rhum est chaud et sensuel, charnel et entier ; il est en parfaite continuité avec le nez et ne forme qu’un dans un pur jus vieilli et maturé à la perfection et d’une concentration ahurissante. Du soleil dans la bouche avec une présence digne des meilleurs millésimes de la marque, rien que ça. Tout y est, entre boisé empirique, torréfaction pharaonique et fruité conquérant ; et rien, mais rien, qui ne dépasse d’un iota, tout est parfaitement dosé dans une intensité accablante. La fin de bouche est longue, la persistance des arômes interminable, et même longtemps après sa dégustation, on ressent le rhum comme gravé sur le palais, relâchant encore ses échos.

C’est simple, ne vous fiez pas au terme générique XO, car ce rhum est aussi ben maîtrisé, complexe et intense que certains millésimes de la maison. Et pour un prix tellement ridicule (ndlr: en tout cas sur place) que c’est déjà un classique en soit. Un rhum à faire roidir les anges, qui pourtant n’ont pas de sexe (aux dernières nouvelles en tout cas, car ça pourrait changer). Note: 89

 

par rapport au XO cuvée 3ème millénaire : le nouveau XO semble plus fermé et demande bien plus de repos pour éclater au grand jour, mais il s’avérera bien plus complexe, plus sur les agrumes que la cuvée du 3ème millénaire qui est sur un profil beaucoup gourmand (coco , cacao, caramel). Les deux se retrouvent assez complémentaires au final. En bouche, les deux sont amples et riches, mais avantage au dernier XO en date qui propose bien plus de concentration et de longueur. Au final, feu la cuvée du 3ème millénaire est un rhum plaisir et gourmand, là où le nouveau XO parait plus cérébral, concentré et complexe.

 

 

90 et + : rhum exceptionnel et unique, c’est le must du must
entre 85 et 89 : rhum très recommandé, avec ce petit quelque chose qui fait la différence
entre 80 et 84 : rhum recommandable
75-79 POINTS : au-dessus de la moyenne
70-74 POINTS : dans la moyenne basse
moins de 70 : pas très bon
Comments
2 Responses to “Neisson côté vieux”
  1. Le Glaude dit :

    Bonjour cyril,

    Belle dégustation que voici !
    Pour ma part je n’ai jusqu’ici goûté que le Profil 105, et le moins que je puisse dire, c’est que je suis conquis ! Et à ce prix (même en métropole), c’est une affaire…
    Nom d’une pipe, il va falloir que je goûte le XO, vu tes commentaires !

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    • cyril dit :

      Salut Le Glaude
      le Profil 105 à l’air d’avoir eu du succès lors du Rhum Fest 🙂
      2000 bouteilles ça va sûrement partir assez vite par contre, et beau cadeau pour les 85 ans (en plus du prix très accessible)

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